Lorsque j’apprends que Jean-Marie Le Pen vient au CFJ (Centre de formation des journalistes, à Paris), je suis un peu étonné. L’initiative peut para?tre surprenante, mais s’inscrit dans le cadre des ? Rendez-vous du CFJ ?, au cours desquels des personnalités venues d’horizons politiques très différents, comme Martin Hirsch, Michel Rocard ou Olivier Besancenot, vont se succéder pour répondre à nos questions.
Je suis finalement séduit par l’idée et le défi que cela représentent. Quoi de plus motivant pour un étudiant en journalisme que d’interroger un orateur aussi coriace que Jean-Marie Le Pen ? Par ailleurs, en tant que fils d’immigré (ma mère est portugaise, mon père, italien, un sacré mélange !) et ? jeune de banlieue ?, je me sens particulièrement concerné. C‘est donc naturellement que je me porte volontaire pour présenter l’invité du 28 octobre des rendez-vous du CFJ.
Avec Morgan, un étudiant de deuxième année, je suis chargé d’introduire l’intervention du président du FN et de jouer le r?le de modérateur durant la séance. Face à l’auditoire, je dis d’abord mon embarras. Jean-Marie Le Pen n’est pas une personnalité comme les autres. Mais diabolique ou pas, il a remis l’extrême droite au centre du jeu politique, réussissant même à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle de 2002. Je rappelle enfin qu’il passera la main en janvier prochain.
Christophe Deloire, le directeur de l’école nous invite à lire le livre d’Azzeddine Ahmed-Chaouch, ? Le Testament du Diable ? (éditions du Moment) qui vient de para?tre et dans lequel Le Pen révèle ses derniers secrets. Il juge néanmoins le titre un peu caricatural. La stratégie de diabolisation du Front national s’est souvent révélée contre-productive. Le directeur nous met également en garde : pas la peine d’essayer de surpasser Bernard Tapie, ?a ne marche pas ! Nous sommes là pour faire un vrai travail de journaliste, poser des questions pertinentes. Nous avons une semaine pour préparer la rencontre, la pression monte.
Lorsque mes camarades apprennent que c’est moi qui présente Le Pen, ils me souhaitent bon courage et me tapent sur l’épaule… J’ai l’impression d’aller tout droit à l’abattoir. Je commence à douter un peu. L’exercice s’annonce particulièrement casse-gueule. Deux jours avant le jour J, la polémique éclate. L’Humanité titre ? C’est un scandale ? et nous reproche de banaliser le leader de l’extrême droite. Le syndicat des journalistes SNJ-CGT se montre tout aussi virulent : ? On cauchemarde : le conducator éructant serait rangé désormais dans la liste des invités fréquentables, qui plus est face à de futurs journalistes, profession qu’il ne cesse d’insulter. ?
Dans un communiqué, Christophe Deloire tente de calmer le jeu. ? On respecte tout le spectre politique, il est intéressant de rencontrer les gens de tous les horizons et de ne pas restreindre le champ du débat ?, réplique-t-il. Il ajoute : ? Je ne supporte pas l’idée que les journalistes soient plus intelligents ou plus moraux que les autres (…) Notre r?le n’est pas de choisir le réel pour la population, mais de le capter et de le restituer. ?
Pour conna?tre des quartiers difficiles, je suis bien placer pour savoir que le déni de certaines réalités ne fait que renforcer le discours du FN, surtout auprès de ceux qui souffrent des violences au quotidien. Chez les élèves du CFJ, la venue de Jean-Marie Le Pen ne fait pas polémique. Nous ne sommes pas là pour nous ériger en juge ou en censeur, mais pour nous interroger, pour analyser, rester curieux de tout… Toujours.
C’est enfin le jour J. Je commen?ais à en faire des cauchemars la nuit. Le vieux tribun est moins impressionnant que par le passé. Plus que par Jean-Marie Le Pen, je suis intimidé par l’atmosphère bouillonnante qui règne autour de l’école. A l’entrée, des militants CGT crient au fascisme. Rien que ?a. La plupart des grands médias ont fait le déplacement et près d’une centaine de personnes s’entasse dans notre petite salle de cours, transformée pour l’occasion en salle de conférence. C’est bient?t à moi de prendre la parole. Je n’ai pas l’habitude du micro et j’ai la main qui tremble. Heureusement ma voix reste claire et mes camarades prennent bient?t le relais.
Pour des bleus, je trouve qu’on ne se débrouille pas trop mal. Malgré ses qualités d’orateur et son c?té cordial, lorsqu’il est confronté à la réalité des chiffres, Le Pen montre parfois ses limites, oscillant entre le grotesque et le ridicule. Petit florilège d’énormités : ? Il y a 11 200 000 immigrés en France ? ; ? Vous savez très bien qu’en matière de logement, par exemple, les immigrés ont une préférence. Regardez dans la rue : ceux qui y dorment ne sont jamais les étrangers ? ; ? Allez aux Champs-élysées, les musulmans vous feront baisser les yeux ? ; ? Ce n’est pas moi qui ai fait les minarets en forme de missiles, ils le font eux-mêmes ?. A propos de sa succession, il lache cette petite blague graveleuse : ? A se retirer trop vite on n’engendre pas assez. ?
En tout cas Jean-Marie Le Pen semble satisfait de sa performance. Apparemment, il a également apprécié la n?tre. En sortant de la salle, il a déclaré qu’il nous mettrait la note de 17 sur 20. Mais venant de sa part, difficile de considérer cela comme un compliment.
Alexandre Devecchio
bell and ross montres
Thursday, April 14, 2011
Thursday, April 7, 2011
La bonne est une femme d’émigré
Au mois de juin, de rutilants bolides ramènent chaque jour d’Europe des émigrés dans le quartier de Louga où vit Yama et ses trois enfants. Chaque véhicule empruntant la piste qui passe devant son domicile n’est que vaine promesse pour cette femme de 39 ans. Depuis douze ans qu’elle attend son mari, elle a cessé d’espérer le voir ouvrir la portière d’une de ces voitures de luxe. Emigré aux Etats-Unis depuis 1997, son mari attend d’avoir ses titres de séjour pour rentrer. Avec la crise qui frappe durement le pays de l’oncle Sam, les envois de devises sont de plus en plus espacés.
? Je travaille depuis cinq ans comme domestique. Ma belle-mère ne me donne que vingt mille francs par mois (30 euros). Je dois payer la scolarité de mes enfants, aider ma famille restée au village et régler les dépenses quotidiennes. Au début, lui et sa mère ne voulaient pas que je travaille mais ils se sont finalement rendus à l’évidence ?, dit-elle. Il aura fallu beaucoup de courage et de détermination à cette femme pour accepter de braver les railleries et les invectives qu’une telle décision n’ont pas manqué de susciter. ? Au début, mes amies me fuyaient. Elles disaient que je déshonorais mon mari en travaillant comme servante pour 35 000 francs CFA. J’ai hésité un moment, mais quand les besoins se sont accumulés, je n’ai pas eu le choix ?, explique-t-elle.
La finesse de ses traits démontre qu’elle fut belle. Malgré le masque de la pauvreté et les soucis liés à la solitude, elle conserve encore une certaine beauté. Elancée et d’une noirceur d’ébène, Yama garde le sourire. Elle ne baisse pas les bras. En plus de son travail de bonne, elle vend des cacahuètes et des beignets devant sa maison.
Interpelée sur sa situation d’épouse abandonnée, Yama explique que c’est son destin. ? Je ne savais pas qu’en me mariant je resterai aussi longtemps sans le voir. Quand il partait, il avait prévu de m’amener quelques années après. Cela fait douze ans que j’attends. J’espère que c’est bient?t le bout du tunnel. C’est dur mais je ne peux pas divorcer à mon age. Peut être qu’un jour Dieu me payera ma patience. ?
Khady Lo
montre omega
? Je travaille depuis cinq ans comme domestique. Ma belle-mère ne me donne que vingt mille francs par mois (30 euros). Je dois payer la scolarité de mes enfants, aider ma famille restée au village et régler les dépenses quotidiennes. Au début, lui et sa mère ne voulaient pas que je travaille mais ils se sont finalement rendus à l’évidence ?, dit-elle. Il aura fallu beaucoup de courage et de détermination à cette femme pour accepter de braver les railleries et les invectives qu’une telle décision n’ont pas manqué de susciter. ? Au début, mes amies me fuyaient. Elles disaient que je déshonorais mon mari en travaillant comme servante pour 35 000 francs CFA. J’ai hésité un moment, mais quand les besoins se sont accumulés, je n’ai pas eu le choix ?, explique-t-elle.
La finesse de ses traits démontre qu’elle fut belle. Malgré le masque de la pauvreté et les soucis liés à la solitude, elle conserve encore une certaine beauté. Elancée et d’une noirceur d’ébène, Yama garde le sourire. Elle ne baisse pas les bras. En plus de son travail de bonne, elle vend des cacahuètes et des beignets devant sa maison.
Interpelée sur sa situation d’épouse abandonnée, Yama explique que c’est son destin. ? Je ne savais pas qu’en me mariant je resterai aussi longtemps sans le voir. Quand il partait, il avait prévu de m’amener quelques années après. Cela fait douze ans que j’attends. J’espère que c’est bient?t le bout du tunnel. C’est dur mais je ne peux pas divorcer à mon age. Peut être qu’un jour Dieu me payera ma patience. ?
Khady Lo
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Friday, April 1, 2011
Canardo, monte dans la gova !
montre cartier
Saturday, March 26, 2011
Saturday, March 19, 2011
Un quadricoptère hybride d’un AR Drone et du Kinect
Le Kinect est utilisé ici comme radar 3D permettant au quadricoptère de repérer les obstacles et de les éviter. Le parcours est programmé et ce radar permet à l’appareil de contourner les obstacles se présentant sur son chemin. Tout cela laisse rêveur quant aux possibilités encore insoup?onnées du Kinect. Quelques semaines auront en effet permis de voir des applications plus différentes les unes des autres. Mais cette application singulière a ceci de particulier que le Kinect n’est plus utilisé comme média de réalité augmentée mais comme entité à part entière. On rêve dès lors que les développeurs de jeux vidéo apportent un souffle nouveau aux jeux vidéos tels qu’on les conna?t actuellement. L’occasion est inespérée.
montre montblanc
Thursday, March 10, 2011
L’appli qui transforme tout le monde en Justin Bieber
De même qu’il sait que Steve Jobs se prend pour le Justin Bieber de sa génération.
La bonne nouvelle: vous pouvez vous prendre pour lui, vous aussi, avec l’appli BieberHair.
Avec cette appli, vous pouvez avoir l’air d’un ado sans avoir à écouter les Tokio Hotel. Pas mal non?
Steve Jobs va encore hurler à la fragmentation car l’appli n’est pas seulement disponible sur iPhone mais aussi sur Android, mais bon elle semble faire l’unanimité: même Kim Jong Il l’adore.
Avec une appli pareille, Angry Birds a du souci à se faire. Ou peut-être pas.
Replique Montre
Friday, March 4, 2011
Le PlayStation Phone les tripes à l’air
Cela n’a pas empêché un site web chinois de publier des photos de ce produit encore officieux les tripes à l’air.
Dans la mesure où le produit n’existe pas encore officiellement, le gadget disséqué ci-dessous pourrait être n’importe quoi. Mais en regardant les photos, il semble plausible que ce soit bien le fameux serpent de mer qui a suscité tant de rumeurs et de spéculations.
phone10
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